Réélection au premier tour du président Boni Yayi

7 05 2011

                                                    UN KO 

Présentée comme le tsunami politique capable de balayer le régime Yayi d’un revers de la main, l’Union fait la Nation, coalition regroupant les grandes formations politiques du Bénin,  a été littéralement  battue au premier tour de l’élection présidentielle du 13 Mars. Cette défaite  d’Adrien Houngbédji,  le  porte flambeau de l’Union, ne sera pas sans conséquences sur l’avenir  de  ce regroupement politique hétéroclite. Un avenir que nombre d’observateurs de la vie politique ne voient qu’en un seul mot : éclatement, car le KO est consommé. 

Dieu-Donné KATAKOULA 

Trempés dans une logique arithmétique de la dévolution du pouvoir par les urnes, Adrien Hounbédji et ses soutiens circonstanciels avaient déjà le cœur, le corps et l’esprit au Palais de la Marina avant même les élections. Les plus optimistes d’entre eux prédisaient un score de 68% pour lui au premier tour, vu l’étoffe et les précédents électoraux de ses alliés de l’Union fait la Nation. Bruno Amoussou, Léhady Soglo l’enfant de son père Nicéphore Soglo, Lazare Sèhouéto, Sévérin Adjovi Antoine IDJI Kolawolé tous, leaders des quatre plus grandes formations politiques du Bénin – la RB, le PRD, le PSD, le MADEP – et candidats aux élections de 2006 voyaient la victoire à celle de 2011 en faisant seulement la sommation  des voix que chacun d’eux avait obtenue.  Mais ils n’ont pas compris qu’on ne se baigne jamais deux fois dans un même fleuve. Ignorant complètement que deux élections ne se ressemblent jamais, les leaders  et formations politiques de l’Union fait la Nation ont dû apprendre la leçon sur le terrain.  Une naïveté qui vient s’ajouter aux erreurs stratégiques commises dans les batailles pré-électorales. Entre autre erreur, la campagne de boycott et de dénigrement de la Liste Electorale Permanente Informatisée LEPI et les velléités de report sine die à dessein, pour créer le vide constitutionnel dès l’expiration sans élection du mandat du président sortant Boni Yayi. Toutes choses qui n’ont pas eu assez d’échos au sein de l’opinion publique qui en définitive a montré son indifférence face aux combats partisans menés par l’Union fait la Nation et ses leaders. A l’heure du bilan et après  le K O historique de Boni Yayi – jamais depuis les élections présidentielles organisées au Bénin un candidat n’a gagné au 1er tour – l’avenir politique de l’Union fait la Nation est incertaine. Cependant une seule certitude paraît logique.  Ce regroupement qu’on qualifie de régionaliste n’avait qu’un seul objectif : bouter Boni Yayi hors du palais de la Marina. En le créditant d’environs 36% des suffrages exprimés  contre 53% pour Boni Yayi à l’élection présidentielle du 13 Mars 2011, le peuple béninois est sûrement en train d’appeler Me Adrien Houngbédji à faire valoir ses droits à la retraite politique. Constitutionnellement en effet, il ne pourra plus être candidat à une élection présidentielle à moins d‘un cataclysme ou d’une révision constitutionnelle inopportune qui remettrait là encore,  tous les vieux en jeu. Car en effet, le candidat de l’Union fait la Nation est actuellement âgée de 69 ans alors que la prochaine élection présidentielle doit avoir lieu en 2016 date à laquelle il aurait déjà eu ses 70 ans – âge maximale au-delà de laquelle un citoyen ne peut plus postuler au poste de président de la république – révolus. Il  vient donc  non pas de perdre une bataille mais plutôt  sa dernière bataille et donc, la Guerre. Et avec lui, ses compères de la coalition Union fait la Nation voient eux aussi l’horizon politique s’assombrir face aux résultats issus du scrutin du 13 Mars. Aussi,  de tout temps,  l’objectif premier de ce regroupement politique a-t-il toujours été de balayer le régime du changement.    Un objectif qui  n’a plus sa raison d’être puisque légalement Boni Yayi n’aura plus l’opportunité d’aller à une quelconque élection présidentielle face à l’un de ces leaders de l’Union fait la Nation. Ce qui voudra dire que l’objectif de départ n’a plus sa raison d’être. Ce qui provoque déjà des signes de fissures au sein du groupe jadis présenté comme compact et imperméable à toutes velléités de division.  Mieux encore, après la défaite du 13 Mars c’est le silence assourdissant des autres membres de la Coalition face aux accusations de fraudes massives lancées par Houngbédji. On  se souvient encore des « je conteste, je proteste, il y a fraude, il y a mascarade… etc … » chantés à tout vent par le président Nicéphore Soglo après sa défaite à l’élection présidentielle de 2001. Mais cette fois- ci le très cultivé et éloquent  Nicéphore Soglo a perdu son latin face à l’écrasante victoire de Boni Yayi sur ses concurrents. Aucun signe de solidarité envers Houngbédji dans ces moments de lutte post-électorale. L’on remarque simplement que  s’il y a protestations et manifestations, celles-ci n’ont lieu que dans les fiefs naturels  du candidat de l’Union fait la Nation. Le siège des contestations post-électorales se concentrant seulement à Cotonou de l’autre côté du pont c’est-à-dire Akpakpa et surtout dans la capitale politique Porto-Novo. Une seule mouche n’a volé dans le Zou, fief des Soglo, dans le Mono et le Couffo,  fief de Bruno Amoussou,  Président de l’Union fait la Nation ou encore dans le plateau,  fief de Idji Kolawolé et Séfou Fgbohoun, pour dénoncer quoique ce soit. Ce qui est symptomatique de la débandade créée par l’écrasante victoire de Boni Yayi,  seul contre tout ce beau monde avec 53% des suffrages au premier tour.  Vu la lutte âpre que le régime Yayi a livré contre ceux là pendant son 1er quinquennat, la majorité d’entre eux s’interrogent déjà sur leur avenir politique. Car, l’avènement du régime Yayi en 2006 a provoqué la mise à l’écart de la quasi-totalité des membres de l’Union fait la Nation. Les gens qui avaient le Port gracieusement et jouissaient de la manne financière des fonds d’escorte ont été dépossédés de ce trésor de guerre. La SONACOP SA, société d’Etat donnée gracieusement à Séfou Fagbohoun comme l’a confirmé un arrêt de la justice béninoise – la société lui a été reprise par le régime de Yayi – le contrôle des circuits financiers renforcés et la mise en place de réformes spécifiques ont définitivement mis hors circuit la majorité des leaders de cette Union.  Un sevrage mal digéré par tous ceux-ci qui ont dû s’unir. Car comme on le dit souvent, « quand on a un ennemi commun, on s’associe pour l’abattre ». Aussi, dès la formation de son deuxième gouvernement en 2007, Boni Yayi a éjecté de son gouvernement tous les représentants de ces partis de l’Union fait la Nation. De quoi provoquer encore plus de la haine. Depuis le 18 Mars 2008 sur le terrain des athlètes à Kouhounou,  l’activisme  de cette union de déçus contre leur bourreau Boni Yayi est lancé. Un activisme politique qui a pour paradigme l’opposition radicale et le dénigrement systématique de toute initiative de Boni Yayi et  dont la finalité était l’élection présidentielle de Mars 2011. Après donc les résultats confirmant qu’ils ont ensemble passé trois ans à préparer une défaite mémorable,  les uns et les autres, conscients de l’incertitude qui plane sur leur avenir politique, préfèrent garder le silence pour ne plus envenimer les choses et laisser peut être une porte de sortie en vue d’éventuelles négociations avec Boni Yayi. Après tout, la politique n’est qu’un jeu d’intérêt. Mais de tout ceci une seule certitude, l’Union fait la Nation au regard du comportement et des prises de positions de ses ténors face à la débâcle du 13 Mars est incontestablement sur la voie de l’éclatement. Le départ de Paul Gnimagnon et son parti le NEP Mixalodo de l’Union  n’est que le signe annonciateur de la descente aux enfers d’une union née  contre un seul homme pour ramener le pouvoir du Nord vers le Sud, en fait. Le KO est consommé. 


Actions

Informations



Laisser un commentaire




maghrebactu |
actuplus |
November24 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mafoi2007
| mikebrantuvie11111
| communication